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Ces discours, vous les connaissez, ils sont rabâchés (de la même façon) toute la journée sur tous les médias. Ce que nous proposons ici, c'est d'avoir non pas des certitudes, mais des éléments de réflexion, car pour se faire une idée des évènements il faut lire plusieurs point de vue. Et ce n'est pas en écoutant les "médias officiels" que vous pourrez en avoir !
Il ne suffit pas de s’informer, ils faut s’impliquer !


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»Au Grand jeu«

Dossier de base de la géopolitique.

Expression popularisée par Rudyard Kipling, le « Grand jeu » fut, au XIXème siècle, la rivalité pour le contrôle de l’Asie centrale entre l’Angleterre victorienne, installée aux Indes, et la Russie tsariste, en expansion vers le sud et l’est. Cet affrontement, qui prenait la forme d’une lutte d’influence, d’une course à l’exploration ou de tentatives d’alliances avec les principautés ou tribus locales, se déroulait dans les décors somptueux de l’Himalaya, du Pamir, des déserts du Taklamakan ou de Gobi, sur une terre d’une richesse historique incroyable.

À la croisée des chemins, au cœur de l’Eurasie, l’Asie centrale a vu la naissance ou le passage des principaux éléments qui ont façonné l’histoire du monde. Les peuples indo-européens en sont partis pour s’installer, par vagues successives, en Europe, en Iran ou en Inde, suivis, deux mille ans plus tard, par les peuples turcs. Les invasions des Huns ou des Mongols furent plus courtes mais bouleversèrent le monde sédentaire de fond en comble. Les plus grands conquérants y sont passés – Cyrus, Alexandre, Gengis Khan, Tamerlan ou Babur, le fondateur des Grands Moghols – mais l’Asie centrale était également terre de culture. Non loin des cavaliers turcs ou mongols, une société raffinée s’est épanouie au fil des siècles et des civilisations prestigieuses et parfois improbables – penser par exemple au royaume gréco-bouddhiste de Ménandre dans l’actuel Pakistan – s’y sont succédées, dont Boukhara, Samarkand ou Lhassa sont les témoins privilégiés. Outre la soie, dont les Romains raffolaient, la Route de ce nom apporta en Occident les découvertes majeures de la civilisation chinoise : poudre, papier, imprimerie. En sens inverse, les grandes religions universelles qui coexistaient le long de cette voie commerciale multimillénaire – le mazdéisme qui y est né, le chamanisme, le manichéisme, le christianisme, l’islam, le bouddhisme et même le judaïsme – prirent le chemin de l’Orient.

L’invasion mongole fut le chant du cygne des nomades. Les peuples se sédentarisaient, les États modernes se constituaient et bientôt, deux grands empires s’y rencontrèrent. Après avoir mis fin au joug turco-mongol de la Horde d’or, la Russie avait engagé son expansion vers l’est tandis que l’empire maritime britannique avait mis la main sur les Indes et avançait vers le nord. La rencontre eut lieu en Asie centrale et c’est à un Grand jeu subtil et romanesque que se livrèrent les deux puissances sur l’énorme échiquier allant du Caucase « barbare » au Tibet glacé. Appelé « Tournoi des ombres » par les Russes, cet affrontement épique, jamais déclaré, mettait en scène aventuriers, espions ou explorateurs, souvent déguisés en pèlerins autochtones, une boussole dissimulée dans leur moulin à prières bouddhiste ou comptant les mètres grâce aux boules de leurs chapelets ! Car cette rivalité n’a que rarement débouché sur des affrontements armés, même si le souvenir de la désastreuse expédition britannique reste très présent en Afghanistan : des 16 000 sujets de Sa Gracieuse Majesté qui quittèrent Kaboul en janvier 1842, un seul parvint à la frontière, tous les autres ayant été massacrés dans les défilés par les tribus pachtounes – déjà ! Le Grand jeu consistait surtout à nouer d’improbables alliances avec des potentats locaux versatiles qui ne se privaient pas de jouer double jeu, mais aussi à dresser des cartes et à reconnaître des itinéraires dans des régions alors très peu connues, des territoires grandioses et sauvages, au milieu de tribus farouches où être découvert signifiait généralement la mort…

Le Grand Jeu

Dossier de base de la géopolitique


Expression popularisée par Rudyard Kipling, le « Grand jeu » fut, au XIXème siècle, la rivalité pour le contrôle de l’Asie centrale entre l’Angleterre victorienne, installée aux Indes, et la Russie tsariste, en expansion vers le sud et l’est. Cet affrontement, qui prenait la forme d’une lutte d’influence, d’une course à l’exploration ou de tentatives d’alliances avec les principautés ou tribus locales, se déroulait dans les décors somptueux de l’Himalaya, du Pamir, des déserts du Taklamakan ou de Gobi, sur une terre d’une richesse historique incroyable.

À la croisée des chemins, au cœur de l’Eurasie, l’Asie centrale a vu la naissance ou le passage des principaux éléments qui ont façonné l’histoire du monde. Les peuples indo-européens en sont partis pour s’installer, par vagues successives, en Europe, en Iran ou en Inde, suivis, deux mille ans plus tard, par les peuples turcs. Les invasions des Huns ou des Mongols furent plus courtes mais bouleversèrent le monde sédentaire de fond en comble. Les plus grands conquérants y sont passés – Cyrus, Alexandre, Gengis Khan, Tamerlan ou Babur, le fondateur des Grands Moghols – mais l’Asie centrale était également terre de culture. Non loin des cavaliers turcs ou mongols, une société raffinée s’est épanouie au fil des siècles et des civilisations prestigieuses et parfois improbables – penser par exemple au royaume gréco-bouddhiste de Ménandre dans l’actuel Pakistan – s’y sont succédées, dont Boukhara, Samarkand ou Lhassa sont les témoins privilégiés. Outre la soie, dont les Romains raffolaient, la Route de ce nom apporta en Occident les découvertes majeures de la civilisation chinoise : poudre, papier, imprimerie. En sens inverse, les grandes religions universelles qui coexistaient le long de cette voie commerciale multimillénaire – le mazdéisme qui y est né, le chamanisme, le manichéisme, le christianisme, l’islam, le bouddhisme et même le judaïsme – prirent le chemin de l’Orient.

L’invasion mongole fut le chant du cygne des nomades. Les peuples se sédentarisaient, les États modernes se constituaient et bientôt, deux grands empires s’y rencontrèrent. Après avoir mis fin au joug turco-mongol de la Horde d’or, la Russie avait engagé son expansion vers l’est tandis que l’empire maritime britannique avait mis la main sur les Indes et avançait vers le nord. La rencontre eut lieu en Asie centrale et c’est à un Grand jeu subtil et romanesque que se livrèrent les deux puissances sur l’énorme échiquier allant du Caucase « barbare » au Tibet glacé. Appelé « Tournoi des ombres » par les Russes, cet affrontement épique, jamais déclaré, mettait en scène aventuriers, espions ou explorateurs, souvent déguisés en pèlerins autochtones, une boussole dissimulée dans leur moulin à prières bouddhiste ou comptant les mètres grâce aux boules de leurs chapelets ! Car cette rivalité n’a que rarement débouché sur des affrontements armés, même si le souvenir de la désastreuse expédition britannique reste très présent en Afghanistan : des 16 000 sujets de Sa Gracieuse Majesté qui quittèrent Kaboul en janvier 1842, un seul parvint à la frontière, tous les autres ayant été massacrés dans les défilés par les tribus pachtounes – déjà ! Le Grand jeu consistait surtout à nouer d’improbables alliances avec des potentats locaux versatiles qui ne se privaient pas de jouer double jeu, mais aussi à dresser des cartes et à reconnaître des itinéraires dans des régions alors très peu connues, des territoires grandioses et sauvages, au milieu de tribus farouches où être découvert signifiait généralement la mort…

Plusieurs dates ont été mises en avant pour marquer la fin du Grand jeu. La création de l’actuel Afghanistan comme État tampon à la fin du XIXème siècle ou la défaite du tsar en 1905 dans la guerre russo-japonaise ou encore la convention anglo-russe de 1907 définissant les sphères d’influence respectives des deux empires en Perse, en Afghanistan et au Tibet. En réalité, le Grand jeu n’a jamais vraiment pris fin et l’on retrouve encore des luttes d’influence dans les années 30 entre Russes devenus Soviétiques et Britanniques, notamment au Turkestan chinois, l’actuel Xinjiang (sur la riche histoire de l’Asie centrale, on se réfèrera à l’incontournable ouvrage du regretté Jean-Paul Roux, L’Asie centrale : histoire et civilisation, Fayard. Sur l’épique rivalité entre Britanniques et Russes : Peter Hopkirk, Le Grand jeu, officiers et espions en Asie centrale, Nevicata).

Il n’est pas un géopolitologue qui ne parle à présent d’un « nouveau Grand jeu » en Asie centrale, moins romanesque mais tout aussi passionnant, dont les ramifications s’étendent à l’échelle de la planète et qui vise, ni plus ni moins, à la domination du monde. Une partie de poker infiniment plus complexe et variée, à plusieurs joueurs – Russie, États-Unis et Chine, auxquels il faut ajouter les éternels frères ennemis Inde et Pakistan et, en toile de fond, l’Iran, la Turquie et le Japon –, le tout saupoudré d’islamisme et de terrorisme, de ressources énergétiques gigantesques qui vont conditionner le futur développement économique du monde, d’une guerre des « tubes » sans merci et de conflits locaux anciens et irréductibles. Une partie de l’avenir du monde se joue entre les montagnes du Pamir, où trois puissances nucléaires – Inde, Chine et Pakistan – se regardent en chiens de faïence, et les sables du Gobi, entre la Caspienne – qui ne produit plus de caviar mais inonde le marché de son gaz et de son pétrole – et le Tibet. Rivalité des grands, terrorisme, hydrocarbures, guerres, pipelines, nucléaire, le tout dans la zone la plus disputée du globe : le cocktail est explosif ! Faites vos jeux, rien ne va plus…

Le pivot

»du monde «



La pensée géopolitique britannique puis celle des États-Unis, qui en ont hérité, s’articule autour de la thèse de pivot du monde (Heartland).

La pensée géopolitique britannique puis celle des États-Unis, qui en ont hérité, s’articule autour de la thèse de pivot du monde (Heartland).

Dans la foulée d’Halford Mackinder (1861-1947), la pensée géopolitique britannique puis celle des États-Unis, qui en ont hérité, s’articule autour de la thèse de pivot du monde (Heartland). Pour l’école anglo-saxonne, c’est autour de l’Eurasie et plus particulièrement de son centre, l’Asie centrale, véritable cœur du monde, que s’articulent toutes les dynamiques géopolitiques de la planète : « Celui qui domine le Heartland commande l’Ile-Monde. Celui qui domine l’Ile-Monde commande le Monde ». Disciple de Mackinder, Nicholas Spykman (1893-1943) est considéré comme l’un des pères de la géopolitique aux États-Unis. S’il reprend la théorie du Heartland, il y rajoute un Rimland, sorte de croissant entourant le cœur du monde, région intermédiaire entre le Heartland et les mers riveraines et comprenant l’Europe, le Moyen-Orient, le sous-continent indien et l’Extrême-Orient. Pour Spykman, c’est dans cette zone tampon du Rimland que se joue le vrai rapport de forces entre la puissance continentale et la puissance maritime et il convient d’empêcher à tout prix l’union du Rimland et du Heartland en soutenant les États du croissant contre le centre. Cela correspond ni plus ni moins à la politique de « containment » qui sera menée durant la Guerre froide par les États-Unis contre l’URSS, mais nous verrons que celle-ci ne fut qu’un avatar d’un endiguement beaucoup plus ancien. Cette vision marquée par le sentiment d’insularité d’une puissance maritime excentrée, « en bordure » du centre du monde – Grande-Bretagne puis États-Unis – a également été influencée par les travaux de l’historien et stratège naval américain Alfred Mahan (1840-1914) qui explique la puissance britannique par sa suprématie maritime face à une Eurasie divisée. De fait, la politique étrangère britannique depuis le XVIIème siècle vise à prévenir et à lutter contre toute tentative d’unification continentale – Habsbourg, Napoléon, Allemagne hitlérienne. La crainte, reprise ensuite par les géopolitologues américains à une échelle plus vaste, sera d’assister à l’émergence d’une puissance continentale hégémonique contrôlant l’Eurasie, donc le monde… (sur toute cette question, l’on pourra se reporter aux écrits de Mackinder et Mahan ou à la bonne synthèse de Tanguy Struyedeswielande, Caucase et Asie centrale : la guerre pour le contrôle du Rimland, Réseau Multidisciplinaire d’Études Stratégiques, 2007).

Cette idée force, constante de la pensée géopolitique anglo-saxonne, se retrouve de nos jours chez Zbigniew Brzezinski, l’une des têtes pensantes de l’école américaine actuelle. Dans Le Grand échiquier, l’ancien conseiller à la sécurité du Président Carter adjure ses dirigeants : « Il est impératif qu’aucune puissance eurasienne concurrente capable de dominer l’Eurasie ne puisse émerger et ainsi contester l’Amérique ». Le message est clair : c’est sur le grand échiquier eurasiatique que se joue l’avenir du monde et les États-Unis se doivent de le contrôler afin de maintenir leur primauté globale. Diviser pour mieux régner, l’idée est vieille comme le monde mais très actuelle dans la politique des dirigeants américains vis-à-vis de l’Eurasie, nous le verrons. Les menées de Washington sous-tendues par cette conception géopolitique et, par contrecoup, les réactions de ses rivaux russe et plus récemment chinois expliquent pour bonne partie les événements que le monde a connus ces vingt dernières années. Derrière l’écume de l’actualité, la lutte qui sourd est celle-ci. Le Grand jeu conditionne tout, c’est l’armature du théâtre sur la scène duquel se jouent les événements quotidiens de l’actualité. Guerres du Golfe de 1991 et 2003, guerre de Tchétchénie, guerre du Kosovo de 1999, attentats du 11 septembre et intervention américaine en Afghanistan, guerre de Géorgie de 2008, isolation de l’Iran, « révolutions colorées » des années 2000, coupures de gaz répétées entre la Russie et l’Europe, mise en place de l’Organisation de Coopération de Shanghai, discours des néo-conservateurs américains sur la « nouvelle Europe », « guerre fraîche » entre Moscou et Washington, crise ukrainienne de 2014 etc. ; tous ces événements découlent du Grand jeu ou s’y rattachent d’une manière ou d’une autre.

En plus d’être le pivot du monde, le point névralgique du globe, l’Asie centrale est également terre de richesses, d’immenses richesses. Les soieries, le jade, les épices, les tapis persans ou le caviar ont été remplacés par les hydrocarbures, pétrole et gaz, principalement autour de la Caspienne ou au Xinjiang chinois, sans compter les immenses ressources russes un peu plus au nord. Certes, les premières estimations enthousiastes pour ne pas dire délirantes des années 90 concernant les réserves de la Caspienne ont été revues à la baisse, mais n’ont-elles pas à l’époque conditionné l’intérêt soudain des pétroliers occidentaux et des dirigeants américains pour cette région ? Si l’euphorie est quelque peu retombée, il n’en reste pas moins que l’Asie centrale au sens large – incluant l’Azerbaïdjan – est une région incontournable sur la carte énergétique planétaire, dotée d’un potentiel considérable tandis que les réserves moyen-orientales ou américaines s’épuisent (il convient ici de faire un sort à l’euphorie elle aussi délirante concernant le pétrole et le gaz de schiste aux États-Unis. Les estimations sont maintenant revues à la baisse dans des proportions parfois gigantesques. Ainsi, en juin 2014, l’Agence d’Information sur l’Énergie américaine a réduit de 96% (!) ses estimations de pétrole de schiste récupérables dans le bassin de Monterey, en Californie, qui devait représenter à l’origine les deux tiers des réserves de pétrole non conventionnel du pays. Par ailleurs, selon l’US Geological Survey et de nombreux scientifiques, la technique de fracturation hydraulique consubstantielle à l’exploitation des hydrocarbures de schiste est responsable de l’augmentation des tremblements de terre aux États-Unis, sans même parler de la dégradation de l’environnement. L’euphorie du schiste a vécu ; il n’y aura jamais d’abondance énergétique américaine comme on a pu le lire…). Les gisements géants de Shah Deniz en Azerbaïdjan, de Tengiz et de Kachagan au Kazakhstan – les deux plus gros gisements découverts dans le monde depuis quarante ans – ou les énormes réserves gazières du Turkménistan et de l’Ouzbékistan ont attiré les convoitises des majors et des dirigeants politiques des principales grandes puissances. Aussi important sinon plus que les ressources elles-mêmes, c’est leur acheminement par les gazoducs et oléoducs et le moyen d’influence qui en découle qui cristallise les tensions et les grandes manœuvres, ce que d’aucuns nomment la géopolitique des tubes. Complétant la pensée de Mackinder, un nouvel axiome est apparu : « Qui contrôle les sources et les routes d’approvisionnements énergétiques mondiales contrôle le monde. » C’est particulièrement vrai pour les États-Unis dont les stratèges, quelle que soit leur tendance politique, sont conscients de l’inévitable déclin américain : le monde est devenu trop vaste, trop riche, trop multipolaire pour que les États-Unis puissent le contrôler comme ils l’ont fait au XXème siècle. Du Projet pour un nouveau siècle américain des néo-conservateurs au Grand échiquier de Brzezinski, une même question prévaut en filigrane : comment enrayer ce déclin, comment le retarder afin de conserver aux États-Unis une certaine primauté dans la marche du monde ? La réponse, qui n’est certes pas ouvertement explicitée, passe par le contrôle de l’approvisionnement énergétique de leurs concurrents. « Contrôle les ressources de ton rival et tu contrôles ton rival », Sun Tzu n’aurait pas dit autre chose. Et c’est toute la politique étrangère américaine, et subséquemment russe et chinoise, de ces vingt dernières années qui nous apparaît sous un jour nouveau. La bataille pour les sources et les routes énergétiques combinée à la domination du Heartland et du Rimland, sont les éléments constitutifs de ce nouveau Grand jeu qui définira les rapports de force mondiaux pour les siècles à venir. Surnommée par certains « Pipelineistan » (terme inventé par le journaliste-reporter Pepe Escobar dont on peut lire les articles très documentés et caustiques sur le site www.atimes.com, uniquement disponible en anglais malheureusement), l’Asie centrale énergétique, pivot géographique et géopolitique du monde, peut légitimement être considérée comme l’une des zones les plus importantes de la planète.
Le Grand Jeu

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Les Empires ne finissent pas assassinés. En fait, ils se suicident.
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ÉTAT DES LIEUX DU GRAND DÉBAT
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